L’Organisation mondiale de la santé se présente comme l’autorité suprême en matière de santé. Mais son approche du vapotage et d’autres produits à base de nicotine plus sûrs est de plus en plus critiquée pour ses contradictions et ses faux pas. Voici cinq échecs majeurs qui ont sapé les efforts mondiaux de réduction des risques.
1. Assimiler le vapotage au tabagisme
Malgré les preuves évidentes que le vapotage comporte beaucoup moins de risques que le tabagisme, l’OMS continue de mettre les vapes et autres « systèmes électroniques d’administration de nicotine » dans le même sac que les cigarettes.
Dans son rapport intitulé « Cigarettes électroniques : appel à l’action », l’OMS déclare: « Les e-cigarettes sont nocives pour la santé : « Les e-cigarettes sont nocives pour la santé ». Et dans un communiqué de presse de 2023, elle affirme que les vapes « contenant de la nicotine créent une forte dépendance et sont nocives pour la santé… elles génèrent des substances toxiques, dont certaines sont connues pour causer le cancer et d’autres pour augmenter le risque de troubles cardiaques et pulmonaires ».
Mais rien ne prouve que le vapotage provoque le cancer, et la nicotine elle-même n’est pas cancérigène. Les principaux responsables sont le goudron et les milliers de produits chimiques libérés par la combustion du tabac. Des études montrent que l’aérosol de vapotage contient beaucoup moins de substances toxiques et à des niveaux beaucoup plus faibles, ce qui fait du vapotage une alternative nettement moins nocive pour les fumeurs.
Les déclarations générales de l’OMS ne tiennent pas compte du grand nombre de preuves montrant que le vapotage comporte beaucoup moins de risques que le tabagisme, ce qui implique une équivalence susceptible de dissuader les fumeurs d’opter pour des solutions plus sûres.
2. Un cadrage alarmiste de la jeunesse qui ne tient pas compte des tendances réelles
L’OMS a averti à plusieurs reprises que les vapes « alimentent une nouvelle vague de dépendance à la nicotine », affirmant qu’ elles « sont commercialisées pour réduire les risques mais, en réalité, elles accrochent les enfants à la nicotine plus tôt et risquent de saper des décennies de progrès ».
Si le vapotage chez les jeunes mérite l’attention, les experts en réduction des risques soulignent que le cadre de l’OMS brouille des distinctions essentielles – entre l’expérimentation et l’usage régulier, et entre la curiosité des adolescents et le sevrage tabagique des adultes. Il en résulte une confusion et une peur du public plutôt qu’une clarté.
3. Soutenir des interdictions trop restrictives qui se retournent contre nous
En prônant l’interdiction générale des arômes, la limitation de l’exposition dans les magasins et une forte taxation, sans tenir compte des fumeurs adultes qui souhaitent arrêter de fumer, l’OMS risque de pousser les gens à revenir à la cigarette ou à se tourner vers le marché noir.
Son approche unique ne fait pas la distinction entre les politiques qui protègent les jeunes et celles qui rendent plus difficile pour les adultes d’arrêter de fumer en passant au vapotage.
4. Privilégier les risques inconnus aux avantages bien documentés
L’appel de l’OMS en faveur d’une « action décisive urgente et forte […] pour empêcher l’adoption des e-cigarettes […] afin de protéger les enfants et les non-fumeurs » a façonné des politiques restrictives dans le monde entier.
Mais cette focalisation sur des risques hypothétiques néglige une réalité bien établie : le tabagisme tue la moitié de ses utilisateurs à long terme, tandis que le vapotage n’expose les gens qu’à une fraction de ces toxines.
En mettant l’accent sur l’incertitude plutôt que sur les preuves, l’OMS renforce la peur au lieu de soutenir une voie pratique pour sortir du tabagisme.
5. Faible soutien à la recherche indépendante sur la réduction des risques
En tant qu’organisme de santé le plus influent au monde, l’OMS façonne les politiques nationales. Mais elle a largement ignoré les recherches indépendantes sur les alternatives plus sûres à la nicotine.
Des experts britanniques ont accusé l’agence de déformer la science. « Les e-cigarettes sont clairement moins nocives que le tabac. L’OMS déforme les preuves scientifiques disponibles », a déclaré le professeur John Britton, éminent chercheur dans le domaine de la lutte antitabac.
En écartant la science de la réduction des risques, l’OMS affaiblit la base de données probantes qu’elle devrait renforcer.
Pourquoi c’est important – et ce qui doit changer
Les erreurs d’appréciation de l’OMS sur le vapotage sont importantes car elles se répercutent dans le monde entier. Lorsqu’elle traite tous les produits à base de nicotine comme étant également dangereux, les gouvernements lui emboîtent le pas en imposant des interdictions brutales qui ne tiennent pas compte de la réduction des risques et qui maintiennent les fumeurs dans le tabagisme.
Si l’OMS veut rester crédible, elle doit commencer à refléter la science plutôt que la peur. Cela signifie qu’elle doit reconnaître les preuves accablantes que les produits à base de nicotine plus sûrs réduisent les dommages, faire une distinction claire entre le tabagisme et le vapotage, et soutenir la recherche qui aide les gens à arrêter définitivement la cigarette.
D’ici là, la principale agence de santé au monde risque de se trouver du mauvais côté des progrès en matière de santé publique.
