Le prochain sommet de l’Organisation mondiale de la santé sur la lutte antitabac, la COP11, est critiqué pour avoir présenté la réduction des risques comme un « discours de l’industrie du tabac » – une démarche qui, selon les critiques, écarte les preuves et les voix des consommateurs.
L’OMS donne le ton pour un débat à huis clos
La Conférence des Parties à la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (CCLAT), qui se tiendra à Genève du 17 au 22 novembre 2025, a pour but d’orienter la politique mondiale en matière de tabac. Le traité, qui est entré en vigueur en 2005, reconnaît la « réduction des risques » comme un élément de la lutte globale contre le tabagisme. Mais l’ordre du jour provisoire de la COP11 adopte une approche différente.
Au point 4.5, les délégués seront invités à discuter des « mesures visant à prévenir et à réduire la consommation de tabac, la dépendance à la nicotine et l’exposition à la fumée de tabac », en se référant au « discours de l’industrie du tabac sur la ‘réduction des risques' ».
L’ordre du jour omet l’article 1(d) de la CCLAT, qui définit la lutte antitabac comme incluant des stratégies de réduction des risques. En revanche, il cite les articles 5.2(b) et 5.3, qui mettent l’accent sur la protection des gouvernements contre l’influence de l’industrie.
Les critiques affirment qu’en liant la réduction des dommages aux intérêts de l’industrie, l’agenda pourrait limiter la discussion sur l’une des approches clés de la réduction des dommages liés au tabagisme.
La réduction des risques est étayée par des données probantes
Les autorités sanitaires reconnaissent depuis longtemps les avantages du passage de la cigarette aux produits à base de nicotine sans fumée. Le Royal College of Physicians du Royaume-Uni a conclu qu’il était « peu probable que le vapotage dépasse 5 % des effets nocifs du tabagisme ».
Le Public Health England a estimé que les vapes étaient « 95 % moins nocives » que les cigarettes. Le NHS et Cancer Research UK affirment également que le vapotage expose les utilisateurs à beaucoup moins de toxines et fait partie des outils les plus efficaces pour arrêter de fumer.
Les pays qui ont adopté des politiques de réduction des risques font état d’une forte baisse du tabagisme. En Nouvelle-Zélande, le taux de tabagisme chez les adultes est tombé à 6,9 %, contre 20 % il y a dix ans. La Suède, qui autorise le snus et les sachets de nicotine, a réduit le tabagisme quotidien à un peu plus de 5 %, soit le taux le plus bas d’Europe. Au Royaume-Uni, le taux de tabagisme chez les adultes est tombé à 11,9 % en 2023, soit le taux le plus bas depuis le début des relevés.
Les consommateurs veulent faire entendre leur voix
La World Vapers’ Alliance (WVA) a lancé une campagne pour exiger l’inclusion des voix des consommateurs à la COP11, en projetant son message – « Les consommateurs doivent être reconnus, pas mis à l’écart » – sur le site de Genève avant la réunion.
Michael Landl, directeur de la WVA, a qualifié la conférence de « chambre d’écho figée dans une pensée dépassée et anti-scientifique qui laisse tomber les fumeurs ». Il a ajouté : « La réduction des risques n’est pas un stratagème de marketing : « La réduction des méfaits n’est pas un stratagème marketing, c’est une nécessité de santé publique étayée par des données concrètes. La vie des consommateurs compte plus que l’idéologie ou les opinions de riches donateurs de l’OMS comme Michael Bloomberg. Il est temps que les consommateurs aient un vrai siège à la table ».
La WVA prévient que les discussions de la COP11 pourraient inclure l’interdiction du vapotage aromatisé, des limites de nicotine plus strictes, de nouvelles taxes et d’autres restrictions. Les critiques affirment que de telles mesures décourageraient les fumeurs de passer à des produits plus sûrs.
« L’interdiction des arômes ne sauvera pas des vies ; elle renvoie les fumeurs à la cigarette », a déclaré Liza Katsiashvili, directrice des opérations de la WVA. « Les délégués ont le choix : écouter les faits ou répéter des erreurs coûteuses.
La COP11 se tiendra à Genève du 17 au 22 novembre 2025.
