
- Les fumeurs de cigarettes ont 11% de chances en plus de développer une maladie cardiovasculaire que les non-fumeurs.
- Deux marqueurs d’inflammation dans le sang – hsCRP et sICAM-1 – expliquent en grande partie ce risque accru.
- Aucun lien statistiquement significatif n’a été trouvé entre l’usage exclusif de la vape et les maladies cardiovasculaires.
- Les marqueurs d’inflammation expliquent en grande partie l’augmentation du risque de maladie cardiaque observée chez les fumeurs.
Une nouvelle étude américaine n’a pas trouvé de lien statistiquement significatif entre le vapotage exclusif et les maladies cardiaques, tout en confirmant que le tabagisme est associé à un risque plus élevé de maladies cardiovasculaires.
La recherche, publiée dans le Journal of the Louisiana Public Health Association, a analysé les données de santé de 6 473 adultes qui ont participé à l’étude PATH (Population Assessment of Tobacco and Health), une étude de longue durée. Tous les participants étaient exempts de maladie cardiovasculaire au départ et ont été suivis pendant plusieurs années.
Les chercheurs ont divisé les personnes en trois groupes : les fumeurs de cigarettes (y compris les fumeurs doubles qui vapotent également), les utilisateurs exclusifs de la vape et les personnes qui n’utilisent ni cigarettes ni vape. Ils ont ensuite examiné les personnes qui ont ensuite déclaré avoir reçu un diagnostic de crise cardiaque, d’accident vasculaire cérébral ou d’insuffisance cardiaque.
Le tabagisme lié à un risque plus élevé
L’étude a mis en évidence une association statistique claire entre le tabagisme et les maladies cardiovasculaires. Les fumeurs avaient environ 11 % de chances supplémentaires de développer une maladie cardiovasculaire par rapport aux non fumeurs.
En revanche, bien que les utilisateurs exclusifs de la vape aient montré des chances légèrement plus élevées que les non-utilisateurs, la différence n’était pas statistiquement significative. Concrètement, cela signifie que les chercheurs n’ont pas pu exclure la possibilité que la différence soit due au hasard.
Les auteurs ont écrit qu' »aucun effet significatif n’a été trouvé pour les utilisateurs exclusifs d’e-cigarettes ».
Le rôle de l’inflammation
Les chercheurs ont également voulu comprendre pourquoi le tabagisme augmente le risque de maladie cardiaque. Pour ce faire, ils ont examiné 59 marqueurs biologiques mesurés dans des échantillons de sang et d’urine. Deux marqueurs se sont distingués :
- Protéine C-réactive de haute sensibilité (hsCRP)
- Molécule soluble d’adhésion intercellulaire-1 (sICAM-1)
Tous deux sont liés à l’inflammation dans l’organisme. L’inflammation à long terme est connue pour endommager les vaisseaux sanguins et contribuer aux maladies cardiaques.
L’étude a montré que les fumeurs avaient tendance à présenter des niveaux plus élevés de ces marqueurs d’inflammation. Les personnes présentant des niveaux plus élevés de ces marqueurs étaient également plus susceptibles de développer une maladie cardiovasculaire. Lorsque les chercheurs ont pris en compte ces niveaux d’inflammation, l’effet statistique direct du tabagisme lui-même est devenu insignifiant.
En d’autres termes, l’augmentation du risque de maladie cardiaque observée chez les fumeurs semble s’expliquer en grande partie par des processus biologiques liés à l’inflammation.

Chez les fumeurs, la hsCRP explique environ 20 % de l’effet, et le sICAM-1 une part beaucoup plus importante. Ensemble, ils expliquent la majeure partie de la différence de risque de maladie cardiovasculaire entre les fumeurs et les non fumeurs.
Pour les utilisateurs exclusifs de la vape, la même tendance n’a pas été observée à un niveau statistiquement significatif.
Ce que cela signifie – et ne signifie pas
Cette étude ne dit pas que le vapotage est sans risque. Elle indique que, dans ce groupe d’adultes et au cours de la période étudiée, les chercheurs n’ont pas détecté d’augmentation statistiquement significative des maladies cardiovasculaires chez les personnes qui utilisaient exclusivement des vapes.
Elle ne compare pas non plus le vapotage au tabagisme en termes de sécurité globale, mais uniquement en ce qui concerne les résultats des maladies cardiovasculaires rapportés dans cet ensemble de données.
Il existe certaines limites, par exemple les diagnostics cardiovasculaires ont été autodéclarés. Le nombre de personnes ayant développé une maladie au cours de l’étude était relativement faible par rapport à l’ensemble de l’échantillon. L’étude n’a pas entièrement pris en compte la durée pendant laquelle les personnes ont fumé ou vapoté, et elle n’a pas inclus tous les types de produits du tabac.
Les auteurs notent que des recherches supplémentaires sont nécessaires, en particulier pour comprendre les effets à long terme et déterminer si ces marqueurs d’inflammation peuvent prédire de manière fiable le risque cardiovasculaire futur.
Ce que cela signifie pour les consommateurs
Pour les fumeurs, les résultats renforcent les preuves de longue date que le tabagisme est lié aux maladies cardiaques et que l’inflammation semble être une voie clé de ce préjudice.
Pour les fumeurs adultes qui envisagent de changer de mode de consommation, ces résultats s’ajoutent à un ensemble de recherches suggérant que l’utilisation exclusive de la vape ne présente pas le même lien mesurable avec les maladies cardiovasculaires, du moins à moyen terme, comme le montre cette étude.
La distinction clé dans cette recherche est l’usage exclusif. Le double usage et d’autres habitudes tabagiques peuvent comporter des risques différents.
Comme toujours, l’option la plus sûre pour la santé cardiovasculaire est de ne pas fumer du tout. Mais pour les personnes qui fument déjà, il est essentiel de comprendre les différences entre les produits – et ce que la science montre et ne montre pas.

