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L’interdiction des arômes est liée à l’augmentation des ventes de cigarettes, comme le montrent de plus en plus de preuves

  • Une nouvelle étude canadienne révèle que les ventes de cigarettes ont augmenté après les restrictions sur les arômes de vape
  • La recherche suggère que les fumeurs remplacent les cigarettes lorsque les vapes aromatisées sont supprimées
  • Des effets similaires ont été observés aux États-Unis
  • Les résultats soulèvent des questions pour les décideurs politiques qui envisagent d’interdire les arômes.

Les restrictions sur les vapes aromatisées ont été liées à l’augmentation des ventes de cigarettes, selon un nombre croissant d’études économiques et de santé publique, y compris une nouvelle étude à grande échelle menée au Canada.

Ces résultats s’ajoutent aux preuves existantes qui suggèrent que lorsque les vapes aromatisées sont retirées du marché, certains consommateurs n’arrêtent pas de consommer de la nicotine, mais reviennent aux cigarettes combustibles.

Alors que les interdictions d’arômes sont généralement introduites pour réduire le vapotage chez les jeunes, les chercheurs affirment que les effets plus larges sur le comportement des fumeurs devraient être pris en compte.

Nouvelles données du Canada

La dernière étude, publiée en novembre par les économistes Brad Davis, Abigail Friedman et Michael Pesko, a analysé les effets des restrictions provinciales en matière d’arômes sur les produits de vapotage à base de nicotine au Canada entre 2018 et 2023.

À l’aide de données sur les ventes au détail de produits de vapotage, de données sur les livraisons de cigarettes en gros et de tendances de recherche sur Google, les chercheurs ont comparé les provinces qui ont adopté des restrictions sur les arômes à celles qui ne l’ont pas fait.

Ils ont constaté que les ventes de produits de vapotage aromatisés ont fortement chuté après l’introduction des restrictions. Au cours de la même période, les ventes de cigarettes ont augmenté d’environ 9,6 % dans les provinces d’adoption, certaines estimations faisant état d’une augmentation de plus de 20 %.

Le Canada est considéré comme un pays où la réglementation sur le tabac est rigoureuse, avec des lois sur l’emballage neutre, une interdiction nationale des cigarettes mentholées et un plafonnement des concentrations de nicotine dans les produits de vapotage. Les auteurs notent que cela fait du Canada un cas test important pour déterminer si les restrictions sur les arômes peuvent réduire le vapotage sans augmenter le tabagisme.

L’étude conclut que « les schémas de substitution entre les e-cigarettes et les cigarettes sont généralisables dans les pays où la réglementation sur le tabac est plus ou moins stricte ».

La substitution plutôt que l’arrêt

Les résultats canadiens sont cohérents avec des recherches antérieures indiquant que les cigarettes et les produits de vapotage fonctionnent souvent comme des substituts.

En termes économiques, lorsqu’un produit devient moins accessible ou moins attrayant, la demande peut se déplacer vers une alternative plutôt que de disparaître complètement.

L’étude canadienne n’a trouvé que peu d’éléments indiquant que les consommateurs ont remplacé les produits de vapotage aromatisés par des produits non aromatisés ou qu’ils les ont recherchés dans des boutiques de vapotage ou en ligne. Les données de recherche sur Google ont montré une baisse des recherches liées aux achats de produits de vapotage à la suite des restrictions d’arômes.

Au contraire, l’augmentation des ventes de cigarettes suggère que certains anciens fumeurs se sont remis à fumer.

Résultats d’études antérieures

Si les données européennes sur les interdictions d’arômes restent limitées, des effets de substitution similaires ont été documentés ailleurs.

Dans une étude publiée en 2024 dans le JAMA Health Forum, Friedman, Pesko et leurs collègues ont examiné les restrictions d’arômes au niveau de l’État aux États-Unis et ont constaté que le vapotage quotidien diminuait chez les jeunes adultes, tandis que le tabagisme quotidien augmentait.

Les données sur les ventes au détail ont donné des résultats comparables. Un article publié en ligne dans l’American Journal of Health Economics ( ) a montré qu’aux États-Unis, les restrictions sur les arômes réduisaient les ventes de vapeurs aromatisées mais augmentaient les achats de cigarettes, en particulier de cigarettes sans menthol.

D’autres politiques liées au vapotage semblent produire des résultats similaires. Les recherches sur la taxation du vapotage ont montré que des taxes plus élevées réduisaient le vapotage tout en augmentant la consommation de cigarettes, ce qui indique une substitution plutôt qu’un arrêt.

Bien que ces études soient basées en Amérique du Nord, les résultats canadiens suggèrent que la réponse comportementale sous-jacente n’est peut-être pas spécifique au pays.

Implications pour les tendances du tabagisme

Les taux de tabagisme ont diminué dans de nombreux pays à revenu élevé, notamment au Canada, aux États-Unis et dans une grande partie de l’Europe.

Les chercheurs ne craignent pas que les interdictions d’arômes entraînent une augmentation soudaine de la prévalence du tabagisme, mais plutôt qu’elles ralentissent ou inversent partiellement les tendances à la baisse existantes.

Dans l’étude canadienne, les ventes de cigarettes ont diminué plus lentement dans les provinces qui ont adopté des restrictions sur les arômes que dans celles qui ne l’ont pas fait. Au cours de plusieurs périodes postérieures à l’adoption de la politique, les ventes de cigarettes ont été plus élevées dans les provinces qui ont adopté la politique que dans celles qui ne l’ont pas fait.

Les auteurs notent que les ventes de cigarettes ne sont pas une mesure directe de la prévalence du tabagisme, mais ils affirment qu’il est peu probable qu’une augmentation durable des ventes se produise en l’absence de changements dans le comportement des fumeurs.

Protection de la jeunesse et effets involontaires

L’interdiction des arômes est souvent justifiée comme un moyen de réduire le tabagisme chez les jeunes.

Cependant, plusieurs études ont montré que les effets de substitution les plus importants se produisent chez les jeunes adultes – un groupe qui recoupe les fumeurs récents et les personnes ayant récemment arrêté de fumer.

Les chercheurs avertissent que si les restrictions d’arômes réduisent le vapotage tout en augmentant le tabagisme au sein de ce groupe, l’impact global sur la santé publique devient plus complexe.

Les cigarettes restent nettement plus nocives que les vapes, avec des risques plus élevés de cancer, de maladies cardiovasculaires et de mortalité prématurée.

Questions aux décideurs politiques

L’étude ne suggère pas que le vapotage est inoffensif ou qu’il devrait être laissé sans réglementation. Ce qu’elle montre, c’est que les politiques visant le vapotage peuvent avoir des répercussions sur le tabagisme.

Les conclusions de l’étude canadienne confirment que l’interdiction des arômes peut réduire l’accès à des solutions de rechange moins risquées sans pour autant diminuer la demande de nicotine. Pour certains utilisateurs, cela semble signifier un retour à la cigarette.

Alors que de plus en plus de pays envisagent d’interdire les arômes, les chercheurs affirment qu’il est important d’examiner non seulement si le vapotage tombe, mais aussi ce que les gens font à la place.

fins

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