La nouvelle taxe britannique sur la cigarette électronique devrait rapporter 565 millions de livres sterling par an d’ici 2030/2031, alors que les ministres s’apprêtent à intégrer pour la première fois les e-liquides au régime des droits d’accise.
À compter du 1er octobre 2026, la taxe sur les produits de vapotage s’appliquera à tous les liquides de vapotage vendus ou fournis au Royaume-Uni, qu’ils contiennent ou non de la nicotine. Cette taxe sera prélevée à un taux forfaitaire de 2,20 £ par 10 ml de liquide, soit 22 pence par millilitre.
Cela signifie qu’une cartouche de 2 ml sera soumise à une taxe de 44 pence, tandis qu’un flacon de recharge de 10 ml sera soumis à une taxe de 2,20 £ avant ajout de la TVA et des autres frais.
Le Trésor prévoit que les recettes issues de cette nouvelle taxe passeront de 135 millions de livres sterling en 2026/27 à 565 millions de livres sterling d’ici 2030/31, selon les chiffres certifiés par l’Office for Budget Responsibility.
Selon le HMRC, ce nouveau régime concernera les fabricants, les importateurs, les grossistes, les détaillants, les distributeurs et les consommateurs. Il estime qu’environ 5,1 millions de vapoteurs seront touchés par la hausse des prix, les gros consommateurs étant ceux qui supporteront la plus lourde charge financière.
Le gouvernement affirme que l’objectif est de réduire l’accessibilité financière et l’attrait des cigarettes électroniques, en particulier auprès des jeunes et des non-fumeurs, tout en maintenant une incitation pour les fumeurs à passer de la cigarette à des produits présentant moins de risques.
Afin de préserver cet écart de prix, la taxe sur le tabac devrait également augmenter dès l’entrée en vigueur de la taxe sur la cigarette électronique. Cette hausse ponctuelle s’élèvera à 2,20 £ par 100 cigarettes et à 2,20 £ par 50 g d’autres produits du tabac.
Les timbres fiscaux et les nouvelles règles de conformité
Cette taxe s’accompagnera d’un nouveau système de timbres fiscaux pour les cigarettes électroniques, destiné à faciliter l’identification des produits pour lesquels la taxe a été acquittée.
À compter du 1er octobre 2026, les timbres fiscaux devront être apposés sur chaque produit de vapotage mis sur le marché britannique. Les détaillants seront autorisés à vendre pendant six mois les stocks non timbrés qu’ils détiennent déjà, mais à partir du 1er avril 2027, tous les produits de vapotage détenus en dehors des régimes de suspension des droits d’accise agréés devront porter un timbre fiscal valide.
Le HMRC a ouvert la procédure de demande pour les fabricants, les importateurs et les entrepositaires qui doivent obtenir une autorisation afin de pouvoir poursuivre leurs activités en toute légalité après l’entrée en vigueur de la réglementation. Les entreprises sont invitées à déposer leur demande dès que possible, car les vérifications peuvent prendre au moins 45 jours ouvrés.
À partir du mois d’octobre, il sera interdit de fabriquer des produits de vapotage dans des locaux n’ayant pas été agréés par le HMRC. Cela inclut le mélange de liquides non dédouanés en vue de produire un liquide destiné à être utilisé dans une cigarette électronique, même si celui-ci n’est pas destiné à la vente commerciale.
Les fabricants étrangers qui approvisionnent le Royaume-Uni seront également intégrés au système. L’administration fiscale et douanière britannique (HMRC) précise qu’il sera interdit d’importer au Royaume-Uni des produits de vapotage provenant d’un fabricant étranger sans timbres fiscaux, sauf si ces produits sont destinés à des entrepôts sous régime de suspension des droits de douane agréés.
Les voyageurs sont soumis à une limite de 50 ml
Les règles aux frontières devraient également évoluer. Les documents budgétaires publiés par le gouvernement britannique en novembre 2025 ont confirmé qu’une nouvelle franchise douanière de 50 ml pour les produits de vapotage serait mise en place à partir d’octobre 2026.
Selon les directives du HMRC, les voyageurs pourront importer au Royaume-Uni une petite quantité de produits de vapotage destinés à un usage personnel sans avoir à s’acquitter de la taxe sur les produits de vapotage ; la quantité maximale autorisée sera confirmée avant l’entrée en vigueur de cette taxe.
Selon TRBusiness, qui affirme avoir pris connaissance des directives destinées aux parties prenantes publiées par le HMRC, les passagers âgés de 17 ans ou plus entrant en Grande-Bretagne pourront importer jusqu’à 50 ml de liquide de vapotage à usage personnel sans avoir à s’acquitter de la taxe sur les produits de vapotage (VPD). Les personnes transportant plus de 50 ml devront déclarer ces produits et s’acquitter des droits de douane sur la quantité totale, et non uniquement sur la partie dépassant le seuil autorisé. Le rapport précise que des dispositions différentes s’appliqueront en Irlande du Nord.
Ces changements entraîneront une hausse du prix des cigarettes électroniques, tandis que la chaîne d’approvisionnement légale sera soumise à des contrôles plus stricts. Les ministres affirment que cette politique vise à freiner l’adoption de la cigarette électronique par les jeunes et à augmenter les recettes, tout en maintenant une incitation financière pour que les fumeurs préfèrent la cigarette électronique aux cigarettes traditionnelles. Il s’agira de vérifier si la hausse des prix réduit la consommation chez les jeunes et les non-fumeurs sans pour autant dissuader les fumeurs adultes de se tourner vers la cigarette électronique, ni encourager davantage d’achats en dehors du marché réglementé.

