Près de la moitié des utilisateurs de cigarettes électroniques interrogés envisageraient d’acheter des produits moins chers sur le marché noir, alors que le Royaume-Uni s’apprête à instaurer une taxe sur les e-liquides le mois prochain.
L’enquête OnePoll, réalisée à la demande du détaillant de cigarettes électroniques Vapekit, a révélé que 48 % de l’échantillon total envisageraient d’acheter des produits illicites en raison de leur prix plus bas.
Ces conclusions sont rendues publiques à la veille de l’entrée en vigueur, le 1er octobre, de la taxe sur les produits de vapotage, qui s’élèvera à 2,20 £ par 10 ml de liquide, y compris les variétés sans nicotine.
Une pression sur le pouvoir d’achat
Sur les 1 000 adultes interrogés, 46 % ont déclaré que la pratique de la cigarette électronique deviendrait trop coûteuse à long terme. Plus de la moitié d’entre eux, soit 53 %, ignoraient l’existence de cette future taxe.
Ce sondage en ligne s’est déroulé du 10 au 14 août et n’a pas fait l’objet d’une pondération. La question relative au marché noir a été posée à 938 personnes interrogées qui achètent des recharges. Parmi ce groupe, 51 % ont déclaré qu’elles seraient susceptibles d’envisager d’acheter des produits illicites moins chers, ce qui correspond à environ 48 % de l’échantillon total.
Ces résultats ne permettent pas de déterminer combien de personnes achèteront des produits illégaux après l’entrée en vigueur de la taxe, ni si celle-ci les incitera à le faire, mais il s’agit là d’intentions déclarées.
Ce que cette taxe pourrait apporter
La taxe étant calculée en fonction du volume, la réduction de la teneur en nicotine n’entraînera pas une baisse de la taxe sur une même quantité de liquide.
Pour une personne achetant 20 ml par semaine, la nouvelle taxe représente à elle seule 4,40 £ par semaine, soit 228,80 £ par an. Si cette hausse est entièrement répercutée et qu’une TVA de 20 % s’applique à ce supplément, le montant s’élève alors à 5,28 £ par semaine, soit 274,56 £ par an.
Il s’agit là d’un exemple illustrant l’augmentation potentielle, et non d’une prévision valable pour chaque vapoteur. Le montant de la facture dépendra de la quantité de e-liquide achetée et des prix pratiqués par les fournisseurs.
L’administration fiscale et douanière britannique (HM Revenue & Customs) indique que la répercussion des droits de douane tout au long de la chaîne d’approvisionnement relève d’une décision commerciale.
Cette taxe vise à rendre le vapotage moins abordable pour les jeunes et les non-fumeurs, tout en préservant une incitation financière pour que les fumeurs se tournent vers cette alternative. Afin de maintenir cet écart de prix, le gouvernement augmentera également les droits d’accise sur le tabac en octobre, en ajoutant 44 pence supplémentaires à un paquet de 20 cigarettes, en plus de la hausse annuelle habituelle.
De nouveaux timbres et une période de transition
Les timbres fiscaux commenceront à figurer sur les emballages à partir du mois d’octobre. Les stocks existants non timbrés éligibles pourront encore être vendus jusqu’au 31 mars 2027, ce qui signifie que ce changement n’aura pas d’incidence immédiate sur toutes les bouteilles présentes dans les rayons des magasins.
À compter du 1er avril 2027, tous les produits de vapotage vendus ou fournis au Royaume-Uni devront porter un timbre fiscal valide.
Le gouvernement affirme que ces mesures visent à lutter contre le vapotage chez les jeunes et à améliorer la santé publique.
Dans son communiqué, elle reconnaît le rôle du vapotage dans l’aide au sevrage tabagique : « Bien que le vapotage soit moins nocif que le tabagisme et puisse aider les fumeurs adultes à arrêter de fumer, les enfants et les non-fumeurs ne devraient jamais vapoter. »

