
- Un nouveau rapport lié au Fonds monétaire international (FMI) indique que les taxes sur les produits à base de nicotine devraient refléter leurs risques relatifs pour la santé.
- Les auteurs affirment que de nombreux nouveaux produits à base de nicotine « réduisent l’exposition aux substances toxiques » par rapport aux cigarettes.
- Ils déclarent qu’il est « logique de les taxer à un taux inférieur ».
- Le document affirme que les systèmes fiscaux devraient mieux s’aligner sur les preuves des effets néfastes des différents produits.
Selon un rapport publié par le Fonds monétaire international (FMI), les gouvernements devraient taxer les produits à base de nicotine en fonction des dommages qu’ils causent, les taux d’imposition étant moins élevés pour les produits de substitution qui exposent les utilisateurs à moins de substances toxiques.
Le document, publié dans le magazine Finance & Development du FMI et rédigé par l’économiste Christoph B. Rosenberg et l’expert en politique fiscale Marius van Oordt, examine comment les taxes sur des produits tels que le tabac, l’alcool et les boissons sucrées pourraient être structurées de manière à mieux refléter les risques pour la santé.
Elle affirme que les gouvernements devraient « aligner les taux d’imposition sur les dommages potentiels pour la santé » lorsqu’ils conçoivent des droits d’accise sur les produits dits nocifs.
Aligner les taxes sur les risques sanitaires
Les taxes d’accise sur des produits tels que le tabac, l’alcool et les boissons sucrées sont largement utilisées par les gouvernements à la fois pour collecter des recettes et pour influencer les comportements.
Le rapport note que ces taxes génèrent des revenus importants pour les gouvernements, produisant en moyenne « environ 2 % du PIB dans les économies avancées et en développement ».
Toutefois, elle indique que les systèmes fiscaux ne reflètent pas toujours les différences de risques pour la santé entre les produits.
Les auteurs soutiennent que les décideurs politiques devraient tenir compte à la fois des substances contenues dans un produit et de la manière dont elles sont consommées lorsqu’ils fixent les taux d’imposition.
La nocivité d’un produit dépend en partie de ses ingrédients et en partie de « son mode d’administration (comme la combustion ou le chauffage du tabac) ».

Nouveaux produits à base de nicotine
Le rapport indique que le marché de la nicotine a considérablement évolué ces dernières années, car de nouvelles alternatives à la cigarette sont devenues plus largement disponibles. Il note que « les alternatives aux cigarettes traditionnelles – des e-cigarettes aux produits du tabac chauffés en passant par les sachets de nicotine – s’adressent à ceux qui n’arrivent pas à se débarrasser de leur habitude ».
Bien que le document indique que ces produits sont toujours nocifs, il note également que la recherche suggère qu’ils peuvent exposer les utilisateurs à moins de substances toxiques que les cigarettes. « La bonne nouvelle, c’est que nombre de ces nouveaux produits, tout en restant nocifs, réduisent l’exposition aux substances toxiques.

En raison de cette différence, les auteurs affirment que les gouvernements devraient envisager de fixer des taux d’imposition plus bas pour ces produits que pour les cigarettes combustibles.
« Il est donc logique de les taxer à un taux inférieur.
Exemple de politique fiscale
Le rapport cite la Nouvelle-Zélande comme exemple de la manière dont la politique fiscale peut différencier les produits à base de nicotine. Il indique que les gouvernements successifs ont augmenté les taux d’accises sur les produits du tabac combustibles tout en maintenant des taux d’imposition plus faibles sur les produits de substitution.
Au cours des 15 dernières années, la proportion de personnes fumant des cigarettes dans le pays est passée de 18 % en 2012 à 8 % en 2024. Au cours de la même période, l’utilisation des vapes est passée de près de zéro à 14 %.
Les auteurs déclarent que « le lien de causalité est difficile à établir », mais qu’il « semble plausible que l’augmentation des écarts de prix soit en partie à l’origine de ce changement ».
Les systèmes fiscaux restent incohérents
Malgré cette évolution, le rapport indique que les structures fiscales de nombreux pays restent incohérentes selon les différents types de produits. Selon le rapport, des systèmes fiscaux mal alignés peuvent créer des incitations involontaires et encourager la consommation de produits associés à des risques plus élevés.

« Un tel désalignement signale à tort des risques sanitaires moindres, soutient la consommation de produits souvent plus dangereux et détourne les investissements vers les mauvaises industries ».
Les auteurs concluent que les politiques fiscales doivent évoluer parallèlement aux changements de comportement des consommateurs et à l’arrivée de nouveaux produits sur le marché. « La fiscalité est plus qu’un instrument fiscal ; c’est un levier puissant pour façonner des sociétés plus saines », écrivent-ils.
Selon eux, l’établissement d’un lien entre les droits d’accises et les risques sanitaires relatifs pourrait contribuer à réduire les maladies évitables tout en préservant les recettes publiques.
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