
- Une revue scientifique portant sur le vapotage et les risques de cancer a été officiellement rétractée par son journal.
- Les rédacteurs ont déclaré que « l’intégrité méthodologique, l’exactitude et la validité scientifique de l’examen ont suscité de sérieuses inquiétudes ».
- L’enquête a permis d’identifier « de nombreuses failles sérieuses qui affectent matériellement la fiabilité des résultats et des conclusions ».
- Le rédacteur en chef a conclu que l’article « ne répond pas aux normes d’exactitude et de fiabilité scientifiques requises pour la publication ».
Un article scientifique examinant si le vapotage peut augmenter le risque de cancer a été officiellement rétracté après que des rédacteurs ont identifié de graves problèmes méthodologiques.
L’étude, intitulée « Evidence on vaping e-cigarettes as a risk factor for cancer : A systematic review », a été publiée dans le Journal of Cancer Policy avant d’être retirée par le rédacteur en chef du journal.
Selon l’avis de rétractation du journal, la décision fait suite à une enquête sur les méthodes de recherche et les conclusions de l’article.
Les rédacteurs ont déclaré : « Après la publication, des préoccupations importantes ont été soulevées concernant l’intégrité méthodologique, l’exactitude et la validité scientifique de l’examen.
Une évaluation ultérieure a permis d’identifier « de nombreuses lacunes graves qui affectent sensiblement la fiabilité des constatations et des conclusions ».
Problèmes de méthodologie et de données
L’avis de rétractation énumère plusieurs problèmes qui ont miné la confiance dans l’analyse de l’article. Parmi les problèmes identifiés figurent des « écarts non divulgués par rapport au protocole enregistré et publié », notamment des modifications des critères d’éligibilité, des modèles d’étude et des groupes de comparaison qui n’ont pas été signalés de manière transparente.
Les rédacteurs ont également relevé des « incohérences entre la stratégie de recherche présentée et les études finalement incluses », ce qui, selon eux, compromet la reproductibilité et la traçabilité de la recherche.
D’autres préoccupations ont été exprimées, notamment « une classification erronée des modèles d’étude, y compris la catégorisation des biomarqueurs et des études transversales en tant qu’études d’incidence du cancer ».
L’évaluation a également révélé que l’article incluait « une étude qui avait déjà été rétractée », tout en faisant état de « contradictions internes et de divergences numériques dans le nombre d’études rapportées, la taille des échantillons et les données sur les résultats ».
Des conclusions jugées peu fiables
En raison de ces problèmes, la revue a conclu que les résultats n’étaient pas fiables.
L’avis de rétractation indique que « des conclusions qui ne sont pas étayées par les preuves hétérogènes et limitées sur le plan méthodologique présentées » ont également été identifiées dans l’article.
Les rédacteurs en chef ont déclaré que l’ampleur des problèmes a finalement fait en sorte que l’analyse ne pouvait pas être maintenue. L’avis stipule ce qui suit : « Collectivement, ces problèmes compromettent la transparence, la cohérence et la rigueur scientifique de l’analyse ».

Elle ajoute que « l’ampleur et la nature des erreurs empêchent de croire à la validité des analyses et des conclusions ».
Les auteurs n’ont pas répondu
Selon la revue, le rédacteur en chef a contacté les auteurs pour leur demander des explications. Toutefois, l’avis de rétractation indique que les chercheurs n’ont pas répondu dans le délai imparti.
Il y est indiqué : « Bien que les auteurs aient eu la possibilité de répondre aux préoccupations dans le délai imparti, ils n’ont pas soumis de réponse ».
En conséquence, le rédacteur en chef a décidé que l’article ne pouvait plus figurer dans les archives scientifiques. La revue a conclu que l’article « ne répond pas aux normes d’exactitude et de fiabilité scientifiques requises pour la publication et doit donc être rétracté ».
Le journal présente ses excuses aux lecteurs
L’éditeur a également reconnu que les problèmes n’avaient pas été détectés lors de l’examen par les pairs.
L’avis indique : « Nous présentons nos excuses aux lecteurs de la revue pour le fait que ce problème n’ait pas été détecté au cours du processus de soumission et de publication ».
Cette rétractation souligne l’importance de la transparence méthodologique et d’un examen rigoureux des études portant sur les effets des produits à base de nicotine sur la santé.
Une autre étude sur le vapotage récemment retirée
L’étude liant le vapotage aux accidents vasculaires cérébraux a été retirée en janvier
Cette rétractation fait également suite à un autre article très médiatisé sur le vapotage qui a été retiré au début de l’année.
En janvier, une étude de 2022 établissant un lien entre le vapotage et les accidents vasculaires cérébraux a été rétractée après que la revue a identifié « plusieurs erreurs majeures dans l’analyse des données ».
Selon le rapport, les examinateurs ont constaté des problèmes tels que « des tailles d’échantillons impossibles », l’incertitude quant à la question de savoir si le vapotage a eu lieu avant l’accident vasculaire cérébral et un nombre extrêmement faible de cas d’accidents vasculaires cérébraux chez les personnes ayant utilisé des produits de vapotage.
La décision a supprimé une affirmation largement citée selon laquelle le vapotage augmentait le risque d’accident vasculaire cérébral et a souligné l’importance d’une analyse rigoureuse dans la recherche sur les produits à base de nicotine.

