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Selon un article publié dans The Lancet, le vapotage serait associé à une baisse plus rapide du tabagisme en Nouvelle-Zélande

  • Le taux de tabagisme chez les adultes en Nouvelle-Zélande a commencé à baisser beaucoup plus rapidement après 2018/19, à mesure que la cigarette électronique se généralisait et était reconnue comme une aide au sevrage tabagique.
  • Le rythme annuel de baisse du tabagisme quotidien s’est accéléré d’environ cinq fois, tant chez l’ensemble des adultes que chez les adultes maoris.
  • Le taux de tabagisme quotidien chez les adultes s’est désormais stabilisé à un niveau inférieur à 7 %, les fumeurs restants étant de plus en plus concentrés parmi les Maoris, les personnes âgées et les communautés les plus défavorisées.
  • Le tabagisme chez les jeunes reste très faible, tandis que la pratique du vapotage chez les jeunes a diminué depuis la mise en place d’une réglementation plus stricte.

Selon un nouvel article publié dans une revue du groupe Lancet, le taux de tabagisme en Nouvelle-Zélande a commencé à baisser beaucoup plus rapidement après que la cigarette électronique s’est largement démocratisée et a été reconnue comme une aide au sevrage tabagique.

Selon cet article, les mesures de lutte contre le tabagisme mises en place de longue date en Nouvelle-Zélande ont contribué à faire baisser le tabagisme au fil des décennies, mais ce recul a été lent jusqu’en 2018/2019 environ.

La situation a évolué lorsque le vapotage à la nicotine s’est généralisé, à la suite d’une clarification juridique et réglementaire et de la reconnaissance par le ministère de la Santé du vapotage comme une alternative nettement moins nocive que le tabagisme.

Les auteurs, Robert Beaglehole, Ruth Bonita et Ben Youdan, estiment que cette coïncidence est révélatrice. Leur analyse a mis en évidence une accélération statistiquement significative du recul de la consommation quotidienne de tabac chez les adultes après 2018/2019, parallèlement à une forte augmentation de la pratique du vapotage.

Ils soulignent que ces chiffres ne prouvent pas que le vapotage soit à l’origine de la baisse du tabagisme. Ils affirment toutefois que la période, l’ampleur de ce changement et les groupes les plus touchés rendent plausible l’hypothèse d’un effet contributif.

Une accélération multipliée par cinq

Avant la période 2018/19, la consommation quotidienne de tabac chez les adultes néo-zélandais âgés de 15 ans et plus diminuait de 3,5 % par an. Entre 2018/19 et 2022/23, ce recul s’est accéléré pour atteindre 17,9 % par an, soit environ cinq fois le taux de baisse annuel précédent.

Cette évolution a été particulièrement marquée chez les adultes maoris, qui ont toujours affiché des taux de tabagisme nettement plus élevés. Avant 2018/19, le tabagisme quotidien chez les Maoris diminuait de 2,2 % par an. Après 2018/19, il a baissé de 13,3 % par an jusqu’en 2024/25, soit un rythme environ cinq fois plus rapide.

Cet article, publié dans *The Lancet Regional Health – Western Pacific*, indique que le taux de tabagisme chez les Maoris a diminué de moitié en six ans, tandis que la proportion de fumeurs quotidiens au sein de l’ensemble de la population adulte est passée sous la barre des 7 % en 2022/23.

Selon les données officielles de l’enquête sur la santé en Nouvelle-Zélande pour 2024/25, le taux de tabagisme quotidien chez les adultes s’élève à 6,8 %, contre 16,4 % en 2011/12. La consommation quotidienne de cigarettes électroniques chez les adultes s’élevait à 11,7 %, contre 0,9 % lors de la première mesure effectuée en 2015/16.

Chez les adultes maoris, les dernières données officielles indiquent que 15,0 % fument quotidiennement et que 27,5 % utilisent quotidiennement la cigarette électronique.

De la lutte contre le tabagisme à la réduction des risques

La Nouvelle-Zélande avait déjà mis en place un large éventail de mesures de lutte contre le tabagisme avant que la cigarette électronique ne connaisse un essor fulgurant.

Parmi ces mesures figuraient la mise en place d’espaces publics sans tabac, l’apposition d’avertissements sanitaires illustrés, le conditionnement neutre et une décennie de hausses annuelles substantielles des droits d’accise sur le tabac à partir de 2010. En 2011, le pays s’est fixé l’objectif « Smokefree 2025 », généralement interprété comme visant à ramener le taux de tabagisme quotidien à moins de 5 % de la population.

Mais l’article publié dans The Lancet indique que ces mesures ont été associées à des baisses progressives, et non à la chute brutale observée après 2018/19.

En 2015/2016, 15 % des adultes et 36 % des adultes maoris fumaient encore quotidiennement. Les auteurs indiquent qu’au rythme de baisse observé avant 2018, la Nouvelle-Zélande n’aurait pas été en mesure d’atteindre son objectif de société sans tabac avant plusieurs décennies.

Cet article soutient que le vapotage semble offrir une voie supplémentaire de réduction des risques, parallèlement aux mesures traditionnelles de lutte contre le tabagisme, en particulier pour les groupes présentant des taux de tabagisme plus élevés.

Le tabagisme chez les jeunes reste faible

La principale préoccupation en matière de politique publique est de savoir si un accès plus large aux cigarettes électroniques risque d’entraîner une augmentation du tabagisme chez les jeunes.

Selon cet article, le tabagisme chez les jeunes en Nouvelle-Zélande reste à un niveau historiquement bas. La consommation quotidienne de tabac chez les 15-25 ans a pratiquement disparu, tandis que chez les 14-15 ans, elle a diminué de moitié depuis 2015 pour s’établir à 1 %.

Cependant, la consommation de nicotine chez les jeunes a augmenté en raison de la cigarette électronique. Environ 14 % des jeunes âgés de 15 à 17 ans ont déclaré consommer quotidiennement de la nicotine, principalement par le biais de la cigarette électronique, en 2024/25, contre 3,4 % en 2017/18.

Les auteurs soulignent qu’une grande partie de l’augmentation de la pratique du vapotage chez les jeunes s’est produite avant 2021, année où la Nouvelle-Zélande ne disposait d’aucune réglementation concernant le marché ou les produits liés au vapotage.

Après l’entrée en vigueur de la réglementation sur la cigarette électronique, notamment l’instauration d’un âge minimum de 18 ans et de règles de vente plus strictes, la pratique de la cigarette électronique chez les jeunes a commencé à reculer. La consommation quotidienne de cigarettes électroniques chez les jeunes est passée de 10 % en 2022 à 7 % en 2025, tandis que la consommation régulière est passée de 20 % en 2021 à 11 % en 2025.

Depuis, la réglementation a été encore renforcée afin de réduire l’attrait des cigarettes électroniques, de limiter les arômes, d’interdire les produits jetables et de réduire la teneur en nicotine.

Le tabagisme a atteint un plateau

Ce déclin rapide s’est désormais ralenti. Le taux de tabagisme quotidien chez les adultes s’est stabilisé en dessous de 7 % au cours des trois dernières années. L’article précise qu’il ne faut pas y voir simplement un échec des politiques menées. Cela reflète plutôt une évolution de la population de fumeurs.

À mesure que les fumeurs plus jeunes et moins ancrés dans cette habitude délaissent la cigarette, le tabagisme se concentre de plus en plus parmi les personnes qui pourraient avoir besoin d’un accompagnement plus ciblé. Le fardeau qui en résulte pèse davantage sur les Maoris, les personnes vivant dans les communautés les plus défavorisées et les personnes âgées ayant une longue histoire de tabagisme.

La dernière enquête officielle sur la santé révèle que le taux de tabagisme quotidien s’élève à 12,9 % dans les quartiers les plus défavorisés, contre 2,4 % dans les quartiers les moins défavorisés. La pratique quotidienne de la cigarette électronique est également plus répandue dans les zones les plus défavorisées, avec un taux de 21,1 % contre 7,2 %.

Selon les auteurs, les progrès futurs dépendront moins de mesures à grande échelle destinées à l’ensemble de la population et davantage d’un accompagnement ciblé, axé sur l’équité, en matière de sevrage tabagique et de réduction des risques.

Une leçon pour la politique antitabac

L’article évoque également la loi néo-zélandaise « Smokefree 2022 », qui a été abandonnée et qui aurait entraîné une forte réduction du nombre de points de vente de tabac et imposé des teneurs en nicotine très faibles dans les produits du tabac destinés à être fumés. Ces mesures ont été abrogées début 2024 avant même d’être mises en œuvre.

Les auteurs affirment que la récente stabilisation du tabagisme a commencé avant l’abrogation de la loi et s’explique davantage par le profil des personnes qui continuent de fumer.

Leur conclusion principale est que la réduction des risques peut aller de pair avec la lutte classique contre le tabagisme, à condition que la réglementation protège les jeunes sans pour autant supprimer les options moins nocives destinées aux adultes fumeurs.

Pour les décideurs politiques, l’expérience néo-zélandaise constitue à la fois un avertissement clair et une opportunité évidente. Il convient de lutter activement contre le vapotage chez les jeunes, mais l’accès des adultes à des alternatives présentant moins de risques pourrait également être l’une des principales raisons pour lesquelles le tabagisme a reculé plus rapidement.

Cet article ne prétend pas que le vapotage soit à lui seul à l’origine des progrès observés en Nouvelle-Zélande. Il suggère toutefois que, associé à une lutte rigoureuse contre le tabagisme et à une réglementation proportionnée, le vapotage a peut-être contribué à faire baisser le tabagisme à un rythme que les politiques antérieures n’avaient pas permis d’atteindre.

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