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Des études suggèrent que les restrictions sur les arômes des cigarettes électroniques pourraient nuire aux tentatives d’arrêt du tabac

  • Selon une étude britannique, 841 302 fumeurs et anciens fumeurs ne fument pas grâce à la disponibilité de liquides aromatisés pour la cigarette électronique.
  • Selon ce même modèle, 125 034 jeunes non-fumeurs s’essaient à la cigarette électronique en raison des arômes proposés, et 48 764 d’entre eux se mettraient ensuite à fumer, selon ses hypothèses.
  • Le modèle suggère que le fait de limiter le marché aux cigarettes électroniques non aromatisées, aromatisées au tabac ou au menthol pourrait avoir un impact négatif sur les taux de tabagisme chez les adultes.
  • Une autre étude randomisée menée aux États-Unis a montré que la mise à disposition de cigarettes électroniques aidait les fumeurs, tous groupes démographiques et antécédents tabagiques confondus, sans différence significative en fonction de la motivation à arrêter de fumer, du degré de dépendance, de l’âge, du sexe, de l’origine ethnique, du niveau d’éducation ou du diagnostic de santé mentale.

Selon un modèle politique britannique, la restriction des arômes de cigarettes électroniques pourrait entraîner une augmentation du tabagisme chez les adultes en affaiblissant les tentatives d’arrêt et en augmentant le risque de rechute.

Cette étude, publiée dans la revue *Health Research Policy and Systems*, estime que 841 302 fumeurs et anciens fumeurs au Royaume-Uni ne fument pas grâce à la disponibilité de liquides aromatisés pour la cigarette électronique.

À titre de comparaison, l’étude a estimé que 125 034 jeunes non-fumeurs s’essaient à la cigarette électronique en raison des arômes, et que 48 764 d’entre eux se mettent ensuite à fumer, selon les hypothèses retenues dans le modèle.

Les auteurs ont indiqué que l’algorithme montrait que si seules les cigarettes électroniques non aromatisées, aromatisées au tabac ou au menthol restaient sur le marché, l’impact négatif sur les taux de tabagisme chez les adultes l’emporterait sur le nombre de jeunes protégés contre le vapotage et, par la suite, contre le tabagisme.

Ces résultats s’accompagnent d’une autre analyse d’essai clinique randomisé mené aux États-Unis, publiée dans la revue *Addictive Behaviors*, qui a montré que les effets de la mise à disposition de cigarettes électroniques sur la réduction et l’arrêt du tabagisme étaient similaires chez un large éventail de fumeurs adultes.

Dans leur ensemble, ces études viennent enrichir l’ensemble des données dont disposent les décideurs politiques, alors que les gouvernements s’efforcent de réduire le vapotage chez les jeunes sans pour autant compliquer la tâche des fumeurs adultes qui souhaitent arrêter la cigarette.

Arômes et rechute tabagique

Cette étude britannique a été conçue comme un outil d’aide à la décision politique destiné à aider les responsables à évaluer les avantages et les inconvénients potentiels des restrictions relatives aux arômes des cigarettes électroniques.

Cette étude a été initialement commandée par Public Health England, désormais rebaptisé « Office for Health Improvement and Disparities », et s’appuie sur des données existantes pour évaluer si la suppression des arômes autres que ceux du tabac ou du menthol aurait un effet globalement positif ou négatif.

Ce modèle s’appuie sur les données issues des enquêtes menées par Action on Smoking and Health, de l’étude « Smoking Toolkit Study », de l’Office national des statistiques et des estimations démographiques du Royaume-Uni. Il a été mis à jour à partir des données disponibles au 13 novembre 2024.

Parmi les jeunes âgés de 11 à 20 ans, le modèle a estimé qu’il y avait un peu plus de 8,07 millions de personnes au Royaume-Uni. En combinant les données pondérées issues d’enquêtes menées auprès des jeunes, les chercheurs ont estimé que 79 % des 11-20 ans n’avaient jamais fumé. Parmi ce groupe, 14 % avaient déjà essayé la cigarette électronique, et 14 % d’entre eux ont déclaré l’utiliser parce qu’ils appréciaient les arômes.

À partir de ces données, le modèle a estimé que 125 034 jeunes non-fumeurs s’essaient à la cigarette électronique en raison de la disponibilité de liquides aromatisés. Il a ensuite estimé que 48 764 jeunes non-fumeurs se mettent par la suite à fumer en raison de la disponibilité de liquides aromatisés, selon les hypothèses du modèle.

En ce qui concerne les adultes, le modèle s’est appuyé sur une estimation de six millions de fumeurs actuels et de 17,3 millions d’anciens fumeurs. Il a estimé que 13 % des fumeurs adultes avaient arrêté de fumer au cours de l’année écoulée grâce à la cigarette électronique.

Parmi les adultes qui consomment actuellement à la fois du tabac et des cigarettes électroniques, ainsi que ceux qui avaient arrêté de fumer au cours de l’année précédente grâce à la cigarette électronique, 59 % ont déclaré qu’ils « fumeraient davantage de tabac » ou « recommenceraient à fumer du tabac » si les arômes venaient à disparaître. Parmi les anciens fumeurs qui utilisent la cigarette électronique, 11 % ont déclaré qu’ils feraient de même.

Selon les estimations du modèle, 841 302 fumeurs et anciens fumeurs ne fument pas grâce à la disponibilité de liquides aromatisés pour la cigarette électronique.

Protection des jeunes contre le tabagisme chez les adultes

Le problème auquel sont confrontés les décideurs politiques est que les arômes peuvent séduire les jeunes tout en aidant certains fumeurs adultes à abandonner la cigarette.

L’étude britannique n’a pas avancé que la politique en matière d’arômes devait être déterminée uniquement par ce modèle. Les auteurs ont précisé que cet outil était volontairement simple et qu’il devait être utilisé en complément d’autres données, notamment celles provenant de pays présentant des cadres réglementaires similaires.

L’étude a également mis en évidence plusieurs limites. Le modèle se base sur le comportement anticipé en cas de suppression des arômes, plutôt que sur le comportement observé à la suite d’une interdiction au Royaume-Uni. Il ne tient pas compte de tous les changements de comportement possibles, notamment la possibilité que le vapotage puisse se substituer au tabagisme chez certains jeunes.

Cette étude part également du principe que le vapotage peut constituer une porte d’entrée vers le tabagisme. Les auteurs ont toutefois souligné que le lien entre le vapotage et le tabagisme ultérieur ne saurait s’expliquer entièrement par un effet de « porte d’entrée » et qu’il pourrait refléter en partie des facteurs de risque communs.

Même en tenant compte de ces réserves, les conclusions du modèle étaient claires. D’après les données utilisées, la restriction des e-liquides aromatisés au Royaume-Uni pourrait avoir un effet global néfaste si l’on considère conjointement le vapotage chez les jeunes, l’initiation au tabac chez les jeunes, le sevrage tabagique chez les adultes et les rechutes.

Les cigarettes électroniques ont aidé les fumeurs de tous horizons

La deuxième étude visait à déterminer si l’effet de la mise à disposition de cigarettes électroniques variait selon les différents types de fumeurs adultes.

Des chercheurs ont analysé les données issues d’un vaste essai clinique randomisé de type naturaliste mené aux États-Unis, auquel ont participé 638 adultes fumeurs. Les participants ont été répartis de manière aléatoire, selon un rapport de 2 pour 1, soit dans un groupe recevant un approvisionnement de quatre semaines en cigarettes électroniques à réservoir, soit dans un groupe ne recevant aucun produit.

Les participants du groupe « vapotage » n’ont reçu que très peu de consignes et ont été informés qu’ils pouvaient utiliser les produits autant ou aussi peu qu’ils le souhaitaient. Les résultats ont été suivis jusqu’à la 24e semaine.

L’analyse a porté sur trois critères principaux : si les participants avaient tenté d’arrêter de fumer pendant 24 heures, s’ils avaient réduit leur consommation quotidienne de cigarettes d’au moins 50 %, et s’ils déclaraient une abstinence ponctuelle sur sept jours. Ces critères ont été évalués à la quatrième semaine et à la 24e semaine.

Les chercheurs ont analysé plus de 10 variables démographiques et liées aux antécédents tabagiques, notamment l’âge, le sexe, l’origine ethnique, le fait de vivre en milieu rural, le niveau d’éducation, les diagnostics de santé mentale, la dépendance à la nicotine, les tentatives antérieures d’arrêt du tabac, l’utilisation antérieure de la cigarette électronique, le tabagisme ou l’utilisation de la cigarette électronique au sein du foyer, la motivation à arrêter de fumer, ainsi que la perception des risques liés au tabagisme et à l’utilisation de la cigarette électronique.

Aucune des interactions « groupe × modérateur » n’était statistiquement significative pour aucun des critères d’évaluation, à aucun des deux moments d’évaluation.

Cela signifie que l’effet relatif lié à l’utilisation de cigarettes électroniques ne semblait pas varier de manière significative d’un groupe à l’autre parmi ceux qui ont été testés.

Ce résultat était particulièrement significatif en ce qui concerne la motivation à arrêter de fumer. Les fumeurs présentant une forte motivation à arrêter obtenaient globalement de meilleurs résultats bruts en matière de sevrage. Cependant, l’effet relatif des cigarettes électroniques sur la réduction de la consommation de cigarettes d’au moins la moitié après quatre semaines était similaire chez les fumeurs peu motivés à arrêter et chez ceux qui étaient très motivés.

Chez les fumeurs peu motivés, le risque relatif de réduire leur consommation quotidienne de cigarettes d’au moins 50 % à la quatrième semaine était de 3,71. Chez les fumeurs très motivés, il était de 3,56.

Une tendance similaire a été observée en ce qui concerne la dépendance à la nicotine. Le risque relatif de réduire sa consommation de cigarettes d’au moins la moitié à la quatrième semaine était de 3,69 chez les fumeurs présentant une faible dépendance et de 3,51 chez ceux présentant une forte dépendance.

Implications pour la politique

L’analyse américaine n’apporte pas de réponse directe à la question de la politique britannique en matière d’arômes. Elle portait sur les fumeurs adultes aux États-Unis et s’est penchée sur l’offre de cigarettes électroniques, plutôt que sur les restrictions relatives aux arômes.

Toutefois, cette étude a mis en évidence des effets similaires en matière de réduction et d’arrêt du tabagisme chez un large éventail de fumeurs adultes, y compris ceux dont la motivation à arrêter était moindre.

Le modèle britannique s’est penché sur une autre question. Il a estimé que la disponibilité des cigarettes électroniques aromatisées était liée à la pratique du vapotage chez les jeunes et à leur passage ultérieur au tabac, mais aussi au fait qu’un plus grand nombre d’adultes ne fumaient pas précisément parce que ces arômes étaient disponibles.

Ces deux études viennent enrichir l’ensemble des données dont disposent les décideurs politiques pour évaluer, d’une part, les préoccupations liées à la consommation de cigarettes électroniques chez les jeunes et, d’autre part, le rôle de ces dispositifs dans le sevrage tabagique chez les adultes et la prévention des rechutes.

fins

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