Skip to content Skip to footer

Les Pays-Bas rejettent le projet d’interdiction des cigarettes électroniques jetables

Le gouvernement néerlandais a rejeté les projets visant à interdire à l’échelle nationale les cigarettes électroniques jetables, soulignant qu’une telle mesure soulèverait des incertitudes juridiques et qu’elle devrait plutôt être traitée au niveau de l’Union européenne.

Cette décision signifie que les Pays-Bas ne mettront pas en place de nouvelles restrictions nationales concernant les produits à usage unique, notamment les cigarettes électroniques jetables et les filtres de cigarettes, malgré les préoccupations environnementales liées aux déchets, aux incendies et aux détritus.

Les ministres ont déclaré qu’une interdiction nationale des cigarettes électroniques jetables pourrait entrer en conflit avec la directive européenne sur les produits du tabac. Le gouvernement a toutefois estimé qu’une « interdiction à l’échelle de l’Union européenne semblait être l’option la plus prometteuse » et que les Pays-Bas plaideraient en faveur d’une action à Bruxelles.

Cette décision revêt une importance particulière, car les Pays-Bas ont déjà adopté une position très stricte en matière de vapotage. La vente en ligne de cigarettes électroniques est interdite depuis juillet 2023, et le tabac est désormais la seule saveur légalement disponible dans le pays.

Mais les données recueillies auprès des vapoteurs néerlandais semblent indiquer que ces restrictions ont poussé de nombreux adultes à se détourner du marché légal plutôt que de mettre fin à leur consommation.

Des doutes juridiques bloquent l’interdiction nationale

Le gouvernement néerlandais a déclaré qu’une législation nationale visant les produits jetables nuisibles à l’environnement entraînerait une trop grande insécurité juridique.

Le projet rejeté concernait les plastiques à usage unique, notamment les filtres de cigarettes et les cigarettes électroniques jetables. Les ministres ont également écarté la mise en place d’un système de consigne pour les emballages souples utilisés pour les boissons, le savon et les lessives, estimant que les machines de collecte existantes ne sont pas adaptées à leur traitement.

Un projet d’interdiction de fumer sur les plages a également été abandonné en raison d’une « capacité insuffisante des autorités locales à faire respecter cette interdiction ».

En ce qui concerne les cigarettes à filtre, l’Institut national de la santé publique et de l’environnement a indiqué en avril qu’environ neuf milliards de cigarettes à filtre sont vendues chaque année aux Pays-Bas. Beaucoup finissent par devenir des déchets sauvages.

Les filtres contiennent de l’acétate de cellulose, un plastique qui se décompose extrêmement lentement et qui peut persister dans l’environnement pendant des années.

Les cigarettes électroniques jetables posent un autre problème. Le gouvernement a souligné qu’elles devaient être jetées avec les déchets résiduels, mais qu’elles pouvaient provoquer des incendies dans les camions-poubelles et les installations de traitement des déchets. Elles finissent également souvent dans la nature.

Malgré tout, les autorités néerlandaises ont estimé qu’une interdiction nationale se heurterait à des problèmes juridiques au niveau de l’UE.

La Belgique a instauré une interdiction des cigarettes électroniques jetables en recourant à une clause d’exception, mais les responsables néerlandais ont déclaré qu’ils ne pensaient pas que les Pays-Bas puissent suivre la même voie.

Une approche axée sur les interdictions, déjà remise en cause

La décision concernant les cigarettes électroniques jetables intervient dans un contexte difficile pour la politique néerlandaise en matière de cigarette électronique.

Depuis janvier 2024, seules les cigarettes électroniques aromatisées au tabac sont légalement disponibles aux Pays-Bas. Pourtant, un sondage réalisé par l’association néerlandaise de consommateurs de cigarettes électroniques ACVODA a révélé que l’interdiction des arômes n’avait eu qu’un impact limité sur les habitudes de consommation des utilisateurs adultes.

Au contraire, la plupart des personnes interrogées ont déclaré s’être tournées vers les achats à l’étranger ou en ligne.

Selon cette enquête, 80 % des vapoteurs néerlandais adultes achètent désormais leurs cigarettes électroniques à l’étranger ou en ligne. La moitié d’entre eux ont déclaré se rendre dans les pays voisins pour en acheter, tandis que 30 % ont indiqué passer commande en ligne ou auprès de vendeurs basés à l’étranger via les réseaux sociaux.

Le tabac est la seule saveur de cigarette électronique légalement disponible, mais seuls 2 % des utilisateurs interrogés ont déclaré l’utiliser.

L’ACVODA a déclaré : « Cela ne peut pas être l’intention de la politique néerlandaise actuelle, qui ne concerne désormais que les consommateurs adultes. L’interdiction des arômes passe à côté de l’essentiel. L’autorisation d’un certain nombre d’arômes et une meilleure application de la réglementation constitueraient un pas dans la bonne direction. »

L’enquête a également révélé que près de la moitié des personnes interrogées avaient commencé à vapoter pour arrêter de fumer. Depuis l’entrée en vigueur des nouvelles règles, un peu moins de 10 % d’entre elles ont déclaré être revenues à la cigarette.

C’est là la principale préoccupation en matière de réduction des risques. Les mesures visant à réduire l’attrait des jeunes ou le gaspillage environnemental peuvent avoir des conséquences imprévues si elles poussent les fumeurs adultes et les anciens fumeurs à se tourner vers la cigarette traditionnelle, les ventes transfrontalières ou des circuits d’approvisionnement non réglementés.

Les fumeurs se retrouvent avec moins de recours juridiques

Selon l’ACVODA, la politique néerlandaise a rendu plus difficile l’accès des adultes aux produits qu’ils utilisaient pour arrêter de fumer.

Le groupe a déclaré : « Il est désormais impossible d’acheter aux Pays-Bas le produit légal souhaité et de l’utiliser comme alternative moins nocive à la cigarette. Il ne reste pratiquement plus aucun magasin spécialisé où l’on puisse trouver des informations fiables. Le vapoteur moyen, dont plus de 98 % fumaient auparavant des cigarettes, ne ressentait guère le besoin de se tourner vers le tabac aromatisé. »

Il a ajouté : « Le gouvernement rend désormais impossible l’achat d’un produit légal et sûr, plébiscité aux Pays-Bas. La grande majorité des personnes interrogées affirment que la restriction et l’interdiction des alternatives facilitent le passage à la cigarette au lieu de le rendre plus difficile – après tout, il n’existe plus d’option permettant de satisfaire le plaisir de la nicotine d’une manière moins nocive. »

Show CommentsClose Comments

Leave a comment

Abonnez-vous à la newsletter

Abonnez-vous à notre newsletter pour de nouveaux
articles de blog, des conseils et des photos.

Fix the flaw before it’s law.

X