
Un membre suédois du Parlement européen a exhorté la Commission européenne à ne pas affaiblir l’accès aux alternatives plus sûres à la nicotine, alors que le débat s’intensifie sur les futures règles de l’UE concernant les produits du tabac et de la nicotine.
Jessica Polfjärd (PPE, Suède) a soumis une question écrite formelle à la Commission lui demandant comment elle s’assurera que les prochaines révisions de la directive sur les produits du tabac ne restreignent pas l’approche adoptée de longue date par la Suède pour réduire le tabagisme.
Son intervention intervient alors que l’UE envisage des modifications qui pourraient affecter des produits tels que les sachets de nicotine et d’autres solutions antitabac.
L’approche de la Suède sous la loupe
La Suède jouit d’une position unique au sein de l’UE, avec une exemption de longue date autorisant la vente de snus. M. Polfjärd a souligné que cette exemption faisait partie de l’accord d’adhésion de la Suède à l’Union européenne et qu’elle a joué un rôle dans les efforts déployés par le pays pour réduire le tabagisme.
Elle a également souligné l’émergence des sachets de nicotine en tant qu’évolution sans tabac du snus traditionnel, ce qui soulève des questions quant à la manière dont la future réglementation pourrait influer sur leur disponibilité.
Cette décision reflète des préoccupations plus générales selon lesquelles des changements au niveau de l’UE pourraient affecter les approches nationales en matière de réduction des effets nocifs du tabac.
Baisse du taux de tabagisme
La Suède a ramené la prévalence du tabagisme chez les adultes juste au-dessus du seuil « sans tabac » de 5 %, soit l’un des taux les plus bas d’Europe.
Les défenseurs du modèle suédois affirment que ces progrès ont été réalisés en permettant aux fumeurs d’avoir accès à des alternatives aux cigarettes.

Le Dr Delon Human, responsable de Smoke Free Sweden, a déclaré : « Le modèle suédois de réduction des risques a permis de ramener les taux de tabagisme au niveau le plus bas d’Europe et de produire les taux les plus bas de maladies liées au tabac sur le continent.
Il a ajouté : « Depuis des décennies, la Suède montre que lorsqu’on propose aux fumeurs des alternatives pratiques telles que le snus, nombre d’entre eux changent d’avis ».
Débat sur la réglementation de l’UE
La question posée par M. Polfjärd à la Commission porte sur la manière dont celle-ci veillera à ce que les nouvelles règles de l’UE ne portent pas atteinte au modèle suédois ou à l’esprit de son exemption. M. Human a prévenu que la future politique devrait tenir compte des différences de risque entre les produits.
« Les politiques qui ne reconnaissent pas la grande différence de risque entre les cigarettes et les alternatives sans fumée ralentiront les progrès dans la lutte contre le tabagisme », a-t-il déclaré.
« Le modèle suédois prouve que la réduction des risques fonctionne et doit être protégé.
Ce débat s’inscrit dans un contexte d’inquiétude générale concernant les projets de l’UE visant à augmenter les taxes sur les produits à base de nicotine moins nocifs, notamment les vapes et les sachets de nicotine.
Au début de l’année, des groupes de consommateurs ont averti que les modifications proposées à la directive sur les accises sur le tabac pourraient entraîner une augmentation significative des prix de ces produits dans l’ensemble de l’Union européenne, les rapprochant ainsi des cigarettes.
Dans une lettre ouverte adressée au gouvernement suédois, des organisations représentant les utilisateurs d’alternatives plus sûres ont affirmé que les propositions risquaient de saper les efforts de réduction des risques.
Ils ont mis en garde contre le fait que des taxes plus élevées sur les produits à faible risque pourraient réduire les incitations des fumeurs à passer à d’autres produits, et potentiellement pousser les consommateurs vers les marchés illicites plutôt que vers des alternatives réglementées.

