Skip to content Skip to footer

Un détaillant français spécialisé dans la vape teste la vérification de l’âge par selfie alors que le secteur lutte contre l’interdiction des ventes en ligne

L’un des plus grands détaillants en ligne de produits de vapotage en France a mis en place un contrôle d’âge obligatoire par selfie pour les nouveaux clients, alors que le secteur s’efforce de démontrer qu’il est possible d’empêcher les mineurs d’accéder aux ventes en ligne sans pour autant recourir à une interdiction générale.

Depuis le printemps 2026, « Le Petit Vapoteur » exige de chaque nouveau client qu’il prouve qu’il a plus de 18 ans. Ce système, fourni par la société d’identité numérique Yoti, commence par un selfie en direct qui sert à estimer l’âge de l’acheteur.

Lorsque le résultat est incertain, il est demandé au client de scanner une pièce d’identité officielle et de prendre un autre selfie afin que son visage puisse être comparé à la photo. Le commerçant ne reçoit qu’une confirmation indiquant si le client est majeur ou mineur, et non sa pièce d’identité ni ses informations personnelles.

L’association professionnelle française du vapotage, Fivape, a indiqué que ce détaillant traitait plusieurs centaines de vérifications par jour et n’avait signalé aucun ralentissement notable de son activité. Elle n’a pas publié de données indiquant le nombre de tentatives d’achat qui avaient été refusées ni le nombre de cas impliquant des mineurs.

Le secteur réclame une norme commune en matière d’âge

Fivape souhaite que ce système devienne un modèle pour les détaillants en ligne de produits de vapotage dans toute la France, sans pour autant obliger les entreprises à faire appel à une société technologique en particulier.

« Sur un canal qui représente près de 30 % du marché, les sites web spécialisés démontrent qu’il est possible de vérifier de manière fiable que les acheteurs ont l’âge légal, grâce à des technologies de vérification d’identité adaptées au commerce électronique », a déclaré l’association.

Fivape étudie les systèmes de vérification de l’âge en ligne depuis 2025 et a évalué différents prestataires, notamment Yoti et AgeVerif. L’approche qu’elle privilégie consiste à recourir d’abord à l’estimation de l’âge, un document d’identité n’étant exigé que lorsque le selfie ne permet pas d’obtenir un résultat suffisamment clair.

Yoti précise que les selfies utilisés pour l’estimation de l’âge facial sont supprimés dès qu’un résultat est obtenu et ne sont pas transmis au commerçant. L’entreprise qualifie ce processus d’« estimation de l’âge » plutôt que de « reconnaissance faciale », car il ne vise pas à identifier la personne ni à comparer son visage à une base de données stockée.

En vertu de la législation française, les produits de vapotage ne peuvent être ni vendus ni remis à des personnes âgées de moins de 18 ans. Les vendeurs sont tenus de demander à leurs clients de présenter un justificatif prouvant qu’ils sont majeurs, que la transaction ait lieu dans un magasin physique ou par le biais d’un autre canal de vente.

La mesure d’interdiction d’accès à Internet a été retirée du budget

Ce lancement fait suite à une bataille politique concernant l’avenir de la vente en ligne de cigarettes électroniques en France.

L’article 23 du projet de loi de finances 2026 du pays proposait d’intégrer les produits de vapotage dans un nouveau cadre fiscal et commercial. Le projet initial prévoyait l’interdiction des ventes à distance aux particuliers, ce qui a suscité l’opposition des entreprises du secteur du vapotage et donné lieu à des amendements visant à supprimer cette restriction.

Cette mesure a finalement été écartée du budget 2026, ce qui signifie que la vente en ligne de cigarettes électroniques reste légale. Toutefois, Fivape souhaite la mise en place de normes officielles de vérification de l’âge afin de contrer toute nouvelle tentative visant à interdire ce canal de distribution.

« Selon Fivape, maintenant qu’il existe des outils fiables de vérification de l’âge à l’ère numérique, le débat ne devrait plus opposer les ventes en ligne à une interdiction, mais plutôt porter sur la mise en place d’un niveau standard de vérification de l’âge imposé à tous les vendeurs afin d’empêcher efficacement les mineurs d’accéder à ces produits », a déclaré l’association.

Jean Moiroud, président de la Fivape, a déclaré : « Interdire les ventes en ligne n’éliminerait pas la demande ; cela ne ferait que la détourner vers des circuits non réglementés. »

La CNIL, l’autorité française chargée de la protection des données, a déjà signalé que certains contrôles d’âge en ligne pouvaient être intrusifs ou susceptibles d’être contournés.

Ses recommandations générales préconisent de faire appel à des prestataires tiers évalués de manière indépendante et de fournir aux sites web la preuve qu’un client respecte le seuil d’âge requis sans révéler son identité. La CNIL n’a pas évalué spécifiquement la mise en place du système par Le Petit Vapoteur.

Fivape a déclaré qu’elle allait désormais fournir à ses membres des conseils pratiques afin d’aider davantage de détaillants spécialisés à mettre en place des contrôles plus rigoureux.

Show CommentsClose Comments

Leave a comment

Abonnez-vous à la newsletter

Abonnez-vous à notre newsletter pour de nouveaux
articles de blog, des conseils et des photos.

Fix the flaw before it’s law.

X