- Une étude visant à déterminer pourquoi les adolescents américains commencent à vapoter et continuent de le faire a été retirée après la découverte d’erreurs dans l’analyse de ses données.
- Selon le *Journal of Adolescent Health*, ces lacunes ont eu une incidence sur les résultats présentés dans l’article.
- La rétractation a été demandée à la fois par le rédacteur en chef de la revue et par les auteurs de l’étude, qui ont déclaré que ces erreurs étaient accidentelles.
- Cet article avait fait état de différences dans les motivations liées à la cigarette électronique selon le sexe, la race et l’origine ethnique, mais ces résultats ne doivent plus être considérés comme des données fiables.
Une étude qui prétendait identifier les différentes raisons pour lesquelles les adolescents américains commencent à vapoter et continuent de le faire a été rétractée après qu’il a été constaté que des erreurs dans l’analyse des données avaient faussé ses résultats.
L’article intitulé « Facteurs démographiques liés à l’initiation et à la poursuite de la consommation de cigarettes électroniques chez les adolescents américains » a été publié dans le Journal of Adolescent Health en février 2026.
Cette étude a analysé les données de l’Enquête nationale sur le tabagisme chez les jeunes de 2023 et a mis en évidence une série de différences dans les motivations à vapoter entre les adolescents et les adolescentes, ainsi qu’entre les différents groupes raciaux et ethniques.
Mais la revue a désormais retiré cette étude à la demande tant de son rédacteur en chef que des auteurs.
L’avis officiel de rétractation indique que l’article comportait « des erreurs dans l’analyse des données qui ont eu une incidence sur les résultats présentés ».
Il ajoute : « Les erreurs commises lors de l’analyse des données étaient tout à fait fortuites. »
La note n’explique pas précisément ce qui n’a pas fonctionné dans l’analyse, quels résultats statistiques ont été affectés ni si certaines des conclusions de l’article restent valables. L’article publié est désormais clairement signalé comme ayant été retiré.
Ce que l’étude avait affirmé
Des chercheurs de l’université d’Alabama ont utilisé les réponses issues de l’enquête nationale sur le tabagisme chez les jeunes de 2023 (National Youth Tobacco Survey), une vaste enquête menée aux États-Unis en milieu scolaire, afin d’étudier les raisons invoquées par les adolescents pour avoir essayé les cigarettes électroniques et continuer à les utiliser.
L’étude précise que son analyse portait sur 3 391 personnes ayant déjà utilisé une cigarette électronique. Les chercheurs ont eu recours à des tests statistiques pour comparer les motivations déclarées en fonction du sexe, de la race et de l’origine ethnique.
Parmi les résultats, l’article, désormais retiré, indiquait que la curiosité et l’influence des pairs constituaient des motivations courantes pour essayer la cigarette électronique pour la première fois, tandis que la recherche d’un « high » à la nicotine et les sentiments d’anxiété, de stress ou de dépression étaient plus fréquemment cités chez les personnes continuant à vapoter.
Elle a également indiqué que les adolescentes étaient plus susceptibles que les garçons de citer la détresse émotionnelle comme raison de leur pratique du vapotage, tandis que les garçons étaient plus enclins à invoquer la curiosité et l’influence de leurs pairs.
D’autres résultats ont mis en évidence des différences entre les adolescents noirs, blancs et hispaniques quant aux raisons qu’ils ont invoquées pour expliquer leur pratique du vapotage.
Ces conclusions ont servi de base à des recommandations visant à adapter les mesures de prévention du vapotage chez les jeunes en fonction des groupes démographiques, notamment en renforçant le soutien en matière de santé mentale et en mettant en place des interventions axées sur les pairs.
Le document plaidait également en faveur de programmes de prévention adaptés aux spécificités culturelles et indiquait que la réglementation des produits aromatisés restait un outil politique important.
Ces conclusions ne peuvent plus être étayées par cet article, celui-ci ayant été retiré.
Cette rétractation va au-delà des limites initiales de l’étude
Avant même que cette étude ne soit retirée, les chercheurs avaient reconnu que leur analyse présentait d’importantes limites quant à ce qu’elle pouvait mettre en évidence.
Cette enquête a recueilli des réponses à un moment donné, ce qui signifie qu’elle n’a pas permis d’établir que des facteurs particuliers incitaient les adolescents à vapoter. Les réponses étaient par ailleurs déclarées par les participants eux-mêmes, et les auteurs ont souligné que le taux de réponse relativement faible de l’enquête pouvait limiter la portée de ses résultats.
Il est important de noter que l’article a qualifié son approche statistique de « descriptive » plutôt que de « causale » et a précisé que chaque facteur démographique avait été examiné indépendamment, plutôt que d’utiliser un modèle multivarié capable de prendre en compte plusieurs facteurs simultanément.
Cette rétractation soulève un problème plus fondamental. Plutôt que de se contenter d’inviter les lecteurs à interpréter ces résultats avec prudence, la revue indique que des erreurs se sont glissées dans l’analyse elle-même et ont faussé les résultats publiés.
Il ne faut plus se fonder sur ces conclusions
Après avoir présenté ses conclusions statistiques, l’étude a formulé des propositions détaillées d’interventions ciblées, notamment des programmes de santé mentale, des actions éducatives menées par des pairs et des mesures visant les cigarettes électroniques aromatisées.
Dès lors qu’il apparaît que l’analyse sous-jacente comporte des erreurs ayant affecté ses résultats, ces recommandations ne peuvent être justifiées sur la base de cette étude.
L’avis de rétractation figure dans PubMed et indique que l’article original de février 2026 a été rétracté.

