Le Projet de loi de finances (PLF), soumis à l’Assemblée nationale le 1 octobre, ne fait aucune référence au vapotage, aux e-liquides, à la nicotine, aux cigarettes électroniques ou au tabac. Le projet de loi de financement de la sécurité sociale qui l’accompagne ne comporte pas non plus de telles références. Les documents initiaux ne prévoient pas non plus de nouvelle taxe sur le tabac.

Cette omission signifie que les boutiques de vapotage et les consommateurs français éviteront une répétition immédiate de la bataille budgétaire de l’an dernier, lorsque le gouvernement avait proposé une taxe sur les e-liquides, une interdiction des ventes en ligne et un nouveau système d’agrément pour les détaillants spécialisés.

Toutefois, ce répit pourrait être de courte durée. Les débats parlementaires doivent commencer le 13 octobre, et des mesures affectant le vapotage pourraient encore être introduites par voie d’amendements.

La taxe proposée a été retirée l’an dernier

Le secteur français du vapotage a été frappé par une série de restrictions proposées dans le projet de budget 2026 publié en octobre 2025.

Le plan prévoyait une taxe comprise entre €0,03 et €0,05 par millilitre d’e-liquide, selon le taux de nicotine. Il proposait également d’interdire les ventes en ligne de produits de vapotage et d’exiger que les boutiques spécialisées obtiennent un agrément officiel.

Les propositions ont été retirées de la version du projet de loi de finances 2026 finalement adoptée. Les archives parlementaires montrent que le projet initial Article 23 prévoyait une nouvelle taxe d'accise sur les e-liquides, des restrictions sur leurs modalités de vente et une exigence d'agrément pour les détaillants, mais ces dispositions ont ensuite été supprimées.

Une pétition déposée à l'Assemblée nationale en novembre 2025 demandait le retrait des propositions, avertissant que la taxe, l'interdiction des ventes en ligne et les nouvelles exigences imposées aux magasins nuiraient aux détaillants spécialisés et à l'accès des consommateurs. Elle affirmait que plus de 20000 emplois étaient liés au secteur, bien que ce chiffre n'ait pas été vérifié de manière indépendante.

Le projet prévoyait une taxe comprise entre €0,03 et €0,05 par millilitre d'e-liquide, selon le taux de nicotine.

La taxe aurait ajouté un coût direct à chaque flacon ou recharge acheté par des vapoteurs adultes. Pour les personnes qui utilisent le vapotage comme alternative au tabagisme, l'effet aurait dépendu de la quantité et du taux de nicotine de l'e-liquide utilisé, ainsi que de la part de la taxe répercutée par les fabricants et les détaillants.

L'interdiction proposée des ventes en ligne aurait pu avoir un effet plus large sur l'accès. De nombreux vapoteurs adultes achètent des produits en ligne parce qu'ils vivent loin d'un magasin spécialisé, ont besoin de taux de nicotine ou de saveurs particuliers, ou souhaitent comparer les produits et les prix.

Le Parlement pourrait rétablir les propositions

L'absence de mesures dans le projet initial ne signifie pas que la question est réglée.

Le projet contient plusieurs dispositions générales qui pourraient théoriquement être modifiées pour couvrir le vapotage. Parmi elles figurent Article 19, qui traite des règles fiscales applicables aux biens et services, Article 30, concernant la responsabilité relative à certains dispositifs fiscaux, et Article 32, qui porte sur l'administration des douanes et des accises.

Le projet de loi de financement de la sécurité sociale qui l'accompagne contient également des dispositions relatives à la fiscalité comportementale et à l'affectation des recettes fiscales. Aucune ne fait actuellement référence au vapotage, mais les députés pourraient chercher à utiliser ces articles comme supports d'amendements lors du débat parlementaire.

Toute proposition devrait être déposée, débattue et approuvée dans le cadre de la procédure parlementaire. Les premiers débats doivent commencer le 13 octobre.

Le débat intervient alors que la France continue de faire face à une importante charge liée au tabagisme tout en réglementant les nouveaux produits nicotiniques.

Les taxes et les restrictions sur le vapotage sont généralement présentées comme des mesures visant à protéger les jeunes et à empêcher les non-fumeurs de commencer à consommer de la nicotine. Ces objectifs doivent être mis en balance avec les besoins des adultes qui fument et utilisent le vapotage pour s'éloigner de la cigarette.

Une nouvelle taxe pourrait augmenter le coût du changement, en particulier si les fabricants et les détaillants répercutaient l’intégralité de cette charge sur les consommateurs. Des restrictions sur les ventes en ligne pourraient également rendre plus difficile l’accès à des alternatives légales pour les personnes vivant dans les zones rurales, ou celles recherchant des produits particuliers ou certains dosages de nicotine.

Pour l’instant, le projet de budget initial 2027 ne contient aucune taxe sur le vapotage ni mesure connexe. Mais alors que le processus parlementaire ne fait que commencer, les vapoteurs et les entreprises français suivront de près les amendements.